Antigone de Sophocle (mise en scène par C Termis et L Mary)

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Polynice et Etéocle, s’affrontant l’un l’autre pour être roi de Thèbes, se tuent. Etéocle, défenseur de Thèbes, a les honneurs du héros, tandis que dans une bataille fratricide Polynice, le traître, venu avec l’armée d’Argos, est laissé sans sépulture aux chiens et aux rapaces. Face à cette injustice, Antigone fait part à sa sœur Ismène de son intention d’accomplir, bravant l’interdiction faite par son oncle, le roi Créon, maître de Thèbes, les rites funéraires pour leur frère Polynice. Mais, en faisant cela, elle sait qu’elle risque la mort. Arrêtée et amenée devant Créon, l’affrontement est immédiat : la jeune fille affirme l’illégitimité de l’édit royal en lui opposant les lois divines, non-écrites et éternelles, tandis que Créon soutient que les lois humaines ne peuvent être enfreintes pour des convictions personnelles. Face à l’obstination d’Antigone à revendiquer son acte, Créon, exaspéré par ce comportement, la fait emmurer vivante « avec assez de nourriture pour ne pas offenser les dieux ».
C’est l’idéalisme contre le réalisme politique. C’est la lutte de l’État contre la famille, le respect universel contre l’amour personnel, la vie contre la mort. Antigone, c’est la tragédie des oppositions et, surtout, celle de la justice sociale : Créon et Antigone sont inébranlables dans leurs convictions personnelles, convaincus de faire le bien. Ainsi l’un comme l’autre sont-ils responsables de la tragédie.
C’est en allant à l’encontre des traditions que Créon bouleverse l’ordre des choses ; il empiète en cela sur le rôle des dieux. Mais Antigone aussi bouleverse l’ordre : elle n’agit que pour son frère en oubliant les Thébains. Créon comme Antigone, ont cette même orgueilleuse fierté qui les pousse tous deux dans leur obstination, leur solitude et leur certitude, faisant d’eux de purs héros sophocléens.

SophocleNé à Colone, village proche d’Athènes, en – 495 est, avec Eschyle et Euripide, un des trois grands dramaturges grecs. Auteur de cent vingt-trois pièces, seules sept restent : Ajax (vers 450 avant J-C), Antigone (vers 442 avant J-C), Œdipe roi (après 430 avant J-C), Électre (vers 425 avant J-C), LesTrachiniennes (entre 420 et 410 avant J-C), Philoctète (409 avant J-C), Œdipe à Colone (401 avant JC). Restent aussi des passages du drame satyrique Les Limiers. Il meurt en 406 avant J.-C.
Sa carrière d’auteur tragique débute au plus tôt en 468 av J-C. Dans son théâtre, le choeur, personnage collectif a un rôle clef. Il est celui qui médite, quand le héros souffre, qui passe du singulier de l’action à l’universel de la condition humaine. Ainsi, quand Antigone est conduite par les gardes à son tombeau souterrain, le chœur se livre à une réflexion sur la toute-puissance du destin. Le chœur exprime les croyances d’une époque, la norme, face au héros qui fait preuve de démesure. Qu’elles influencent ou commentent l’action, les réflexions générales du chœur restent toujours engagées. Et dans Antigone, ces réflexions générales sont très nombreuses et de grande ampleur.
Il donne aussi à ses personnages une dimension psychologique. Ses pièces mettent en scène des héros, souvent solitaires voire même rejetés, confrontés à des problèmes moraux desquels naît la situation tragique.
Antigone appartient au cycle des pièces thébaines, avec Oedipe roi et Oedipe à Colone, mettant en scène la malédiction des Labdacides, le sort tragique d’Oedipe (roi de Thèbes) et de ses descendants.

Cadmos (fondateur de Thèbes)

Polydoros (fils)

Labdacos (fils)

Laïos—–Jocaste                       Créon——-Eurydice
(fils)                                              (frère de Jocaste)

Œdipe—–Jocaste
(fils) (mère d’Œdipe)

Etéocle Polynice Ismène Antigone—————Hémon
(fils)      (fils)       (fille)     (fille)                         (fils de Créon)

Alain Aparisi
Stéphanie Chevalier
Antoinette Demay
Guillaume Jagerschmidt
Karl Jorry
Laétitia Mérat
Yann Péreck
Xavier Pignède
Charlotte Prudhomme

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